Interview version longue - Lyon: Le casse-museau

Publié le par Egmont Labadie

C'était une adresse sans prétention, on y avait passé une fin de soirée vraiment sympa, autour de vins simples et de bonnes petites charcuteries. Elle n'existe malheureusement plus, mais les souvenirs ont aussi leur valeur!


Le tout est en commentaires...


Et toujours rendez-vous le 20 novembre à Lyon à la librairie la Badiane entre 11h et 18h!


Publié dans Rhône-Alpes

Commenter cet article

Egmont 23/11/2008 18:20

Le Casse-museau
Pierre Videau
Verres INAO

Interview Pierre Videau :
Ça ne vous dérange pas si je vous enregistre ?
Ah, parce que monsieur n’a pas de mémoire !

Gigondas 2003 Raspail-Aÿ 4,1 euros : B
Aucun souvenir particulier…c’était du bon vin gouleyant, plutôt gourmand, pas tannique pour un 2003.
Commentaire : ça m’est livré par le producteur, mais je me souviens même plus de son nom…il regarde sur le bib…Raspail-Aÿ, c’est un 2003.
Il est venu me voir un soir, il m’a fait goûter. Et je me suis dit « ah c’est bon ».
Les Gigondas 2003 sont parfois un peu durs…
Ah, c’est une année tellement particulière, tellement exceptionnelle…les grappes du dessus étaient bien bien mûres, celles du dessous pas forcément…
Là, c’est très bon, très gouleyant
J’étais sur le 2001 avant, ils ont pas fait de 2002, parce que ce n’était pas assez bon.
Chardonnay muscat 2,9: SY
Commentaire : ça vient du même coin, je sais même plus quel domaine. Ma philosophie, c’est que je goûte, quand ça me plaît, j’achète ! voilà !
Mais alors, les noms…le muscat chardonnay, il m’a été vendu par le gars de Gigondas.

Côtes du Rhône Villages Visan 2004 cave de Visan – 4€ : B
Joli fruit gourmand…
Commentaire : ça, je peux vous dire que c’est la cave de Visan.
J’ai un domaine en Visan, domaine de la Bastide, je le fais à la bouteille.

Le saucisson est délicieux, à la fois très terroir au goût, et pas gras, c’est quoi ?(quand même lactose, dextrose, sucre, sirop de glucose, mais pas de conservateurs artificiels. Pourquoi autant de sucre ?)
C’est dans les monts du Lyonnais, Ogier, c’est pas très connu, mais y’en a plein.

Ça fait longtemps que j’aime le vin, mais je pourrais pas vous dire quand j’ai commencé, je suis né à Lyon, mais j’ai vécu dans la vallée du Grésivaudan, entre Grenoble et Chambéry. Y’ a pas beaucoup de vignes, du Chignin Bergeron, de la Roussette…
D’toute façon, avec les cornichons, y’a que l’Apremont qui passe.

C’est magnifique à voir, cette poitrine, c’est quoi en fait ?
A Adeline : hé hé, c’est pas de toi qu’il parlait !
Ça c’est du plat de côtes, ça vient de Brake France
Mais ça a vraiment une gueule de charcuterie authentique…
Ben, après, c’est la cuisson ! j’achète les morceaux crus.

Vous allez pas photographier le cochon Ikéa, quand même !
Adeline : ben, il est bien le cochon, non ?
Il nous présente un couple de voisins qui tient une boutique de décoration du quartier
Le voisin : à chaque fois que je vends un canapé, je viens ici !
Pierre : non, plutôt l’inverse ! quand il vient manger ici, il vend un canapé ensuite, c’est pour ça qu’il vient souvent !

Vous allez goûter le Morgon, mais alors le nom…(il regarde à nouveau sur le bib)
Morgon domaine des Riottes – 3€
Pas très expressif, en bouche comme un peu bouchonné, un peu acidulé.
Commentaire : c’est Marcel Remuet le producteur, super sympa, il arrive avec sa Ford..ah lui, c’est un frimeur.
A un client : ça vous connaissez pas, ça ? C’est le Jacoulot, c’est un gars qui a fait du Marc de Bourgogne et qui en a bien vendu à Lyon, c’est le digestif qu’on sert dans les bistrots à Lyon. Avant, il mettait du miel dedans, pour adoucir, mais maintenant il a plus le droit, sinon il a plus droit à l’appellation !
C’était mieux avant, hein !
Ah ben, quand il mettait un peu de miel, c’était moins raide ! ça passait bien !

Ça c’est le Morgon, ou le côtes du Rhône ?
Ah ben, j’l’ai mise où, la fillette de Morgon ? Adeline ! t’as piqué la fillette de Morgon ?
Adeline : ben elle est là !
Et la fillette de Visan ?
Adeline : ah ben j’ai pas ! j’ai rien touché moi !
Je vais goûter le Visan…
Non, c’est le morgon ça…
Ah bon…
Mais elle est où la fillette de Visan ?
Adeline : ben, vous l’avez pas faite…
Mais si je l’ai faite !
Adeline (en montrant une autre petite bouteille à moitié vide) : et ça, c’est quoi ça ?
Ça, c’est le Gigondas…
Non, non, c’est celle-là…
Non, c’est le Morgon, ça…
Adeline : an ! ça tourne !
Ben oui, ça enregistre !

C’est les côtes du rhône…
Ouais, ouais, vous avez raison…sans aucun souci…

Je suis là depuis trois ans et demi, ça s’appelait comme ça, mais c’était un restaurant à pâtes. Avant, j’étais représentant en café et chocolat.
C’était un rêve d’ouvrir ça, et puis voilà.
Y’a de l’ambiance…
Ce soir, c’est spécial, Mademoiselle fait partie du Vespa Club de Lyon.
Il montre la page de Juillet du calendrier du Vespa club de Lyon : voilà mademoiselle
Ouah…
Le soir, y’a des gens d’un peu partout, le midi, c’est plutôt des gens du quartier.
On a une grande salle au-dessus, le midi, c’est plus traditionnel.

Comment vous trouvez vos vins en général ?
Y’a ceux que je vais chercher moi-même, par expérience et connaissances, c’est autour de Lyon, mais pas vraiment du Beaujolais, on en vend pas beaucoup, il a mauvaise réputation, c’est plutôt le côtes du rhône, Gigondas n’est qu’à deux heures, condrieu est très près. Ensuite, les vignerons qu’on rencontre dans les salons, caves particulières par exemple, et les représentants. J’achète que des vins que je goûte, notamment pour les vins étrangers, espagnols et chiliens.
Je me suis rendu compte qu’il ne vaut mieux pas garder trop longtemps les domaines, il faut les faire tourner, pour faire découvrir de nouvelles choses aux clients. Quand on vient ici, on me fait confiance. Le côtes du rhône de chez Bastide, je l’ai arrêté, je suis passé au Coudoulis, qui fait du Lirac et du côtes du rhône, je viens de le rentrer, y’a un temps, ça venait du château Signac. C’était très très bien, mais un peu cher. Quand c’est un peu cher, au départ on vend très très bien, c’est nouveau,ils regardent pas trop le prix, mais quand ils le connaissent, ils se disent qu’ils l’ont déjà goûté, ils vont prendre autre chose, qui est moins cher. D’où l’intérêt de changer les vins souvent.
Nous, on essaye de changer carte trois ou quatre vins par semaine.

C’est un tout petit endroit, mais y’a une super ambiance…
Oh, ça peut arriver qu’il n’y ait pas grand monde…le soir chaud, c’est le jeudi, on a une équipe de buveurs, qui vient quasiment tous les jeudis. Le vendredi, les lyonnais sont partis dans leurs maisons de campagne. Le samedi, on a ceux qui sont restés le week-end.

Terrine de petit salé au lentilles : du plat de côtes avec de la gélatine, on fait cuire les lentilles avec le jus du petit salé, quand le petit salé est bien bien cuite, on met une couche de lentilles, une couche de petit salé, encore une fois, et le jus dessus avec la gélatine, pour que ça tienne.
C’est bon, frais, pas lourd, de la charcuterie à la fois savoureuse et digeste.


Dans les bouchons, il y a une dizaine d’années, les touristes étaient éconduits ! Quand ils rentraient sans dire bonjour, et qu’ils demandaient la carte, on leur amenait une carte routière ! Quand on rentre dans un bouchon lyonnais, il faut dire bonjour et demander s’il y a de la place, même si le restaurant est vide, parce que c’est pas obligé qu’on dise oui !
Maintenant, y’a des clients qui disent même pas bonjour, ils vont s’asseoir où il y a de la place, même dans un endroit comme ici

Il est bon le gratin dauphinois
Ah, non il est pas dauphinois, parce que dans le Dauphiné on met pas de fromage, et on met de l’ail, et quand on est riche on met de la crème, quand on ne l’est pas, on met du lait. Ça, c’est un gratin de pommes de terre ! il faut mettre un peu de crème, mais y’a pas de beurre. Ça c’est un gratin plutôt savoyard, avec de l’Emmental, de la crème et de la noix de muscade. Les savoyards aiment bien la noix de muscade…
Vous vous sentez un petit peu héritier de la tradition du bouchon ?
L’esprit lyonnais, à Lyon on n’aime pas se faire emmerder…


Lirac 2001 Coudoulis : S
Fruit noir, attaque souple, fin violette, fruit noir confituré.

Beaujolais château de Talençay : PM
Assez épicé, léger, mais très mûr, un côté Côtes du Roussillon
Moi j’dirais plutôt vin de loire, mais bon…
Oui, le côté frais et tannique des vins de Loire, mais le côté cuit du roussillon…
Un petit peu, oui…ça, un truc qu’on vend pas du tout à Lyon, c’est les vins de Loire, impossible à vendre, alors que la diversité dans le val de Loire est largement plus importante que dans le Beaujolais.
Je pense que c’est plus facile d’aller vendre des côtes du Rhône dans les côteaux du Languedoc, que du vin de Loire ici. Un qui surnage un peu, c’est le Saint Nicolas de Bourgueil. C’est pas trop mauvais, et c’est pas trop cher.





Excellent crumble, genre de pâte sablée sur une compote aux poires Williams

(Restaurant à vins dans la région de Genève : le café des négociants à Carouge)

Les vins ne sont pas tous exceptionnels, à part le Lirac, vraiment délicieux, ils sont conservés sur le bar, beaucoup viennent des bib, c’est un peu du tout venant, mais le patron cherche lui même, c’est pas que de la grosse cavalerie. On pourrait faire un peu mieux pour les conditions de conservation, mais on s’est bien marré !