Paris - tiercé gagnant

Publié le par Egmont Labadie

Il était trois institutions parisiennes, que leur notoriété déjà bien acquise nous avaient fait passer sous silence, le désir de toujours dénicher les valeurs inconnues ayant un peu biaisé notre appréciation a priori.

Rendons ici hommage à ces trois adresses, qui certes n'ont pas eu besoin de nous pour se faire connaître, mais méritent qu'on les découvre si on ne les connaît déjà, ou qu'on y revienne...pour le simple plaisir.


Avant tout, le Baratin, au 3, rue Jouye-Rouve dans le 20ème (01 43 49 39 70).
Pour l'heure, contentons-nous d'évoquer le moment que nous y avons vécu. Voici.
On commence par un Bianco Gentile d’Arena, légèrement résiné au nez, on est dans le nature, puis une bouche extrêmement gourmande, très pleine, très fruitée, mais avec un peu de perlant qui donne du peps, des impressions minérales et résinées toujours…Un super beau vin original, gourmand et rafraîchissant.
Les sardines marinées arrivent, elles sont belles fraîches, il y en a deux, elles n’ont pas trop mariné, elles ne sont pas cuites, elles sont bien assaisonnées, on a le goût de la sardine fraîche, c’est bon, c’est bien fait, ça tranche. Super.
Un rosé de Gramenon, léger volatil, mais bouche très fruitée, ronde, ample mais fraîche, pas massive, très bon à boire, gourmand, du fruit toujours. Super encore!
Arrive la palette de porc au pimienton, la viande n’est pas bouillie, légèrement grasse, elle a du goût, elle est juteuse, c’est du bon cochon, ce n’est pas énorme, mais on est à midi, et il y a trois plats pour 16 euros. Le goût est légèrement camarélisé, le tout avec une très légère sauce un peu corsée, mais pas trop, la viande n’est pas dominée, on a encore son côté totalement juteux, tandis que le croquant des pommes de terre frites coupées comme chez tatie nous aguiche le palais, tout en épongeant un peu la sauce. Super toujours ;-)
On accompagne d’un Bois des Merveilles (Minervois) de Jean-Baptiste Sénat, lacté, léger animal sur fruit noir, bouche hyper agréable, savoureuse mais pas du tout alcooleuse, ni rêche, ni amère, tout va bien, c’est délicieux, c’est long en bouche, on n’en reprend que 5 minutes après, le temps de savourer…Super décidément.

Et puis arrive une petite dame (Raquel, la cuisinière), l’œil vif et gentil à la fois, « vous prendrez un fromage ou un dessert ? »
"Dessert."
« Alors on a salade de fraises, crème au œufs, crème au chocolat… »
"Crème au chocolat!"
Et là, c’est le dernier pied, ça attaque un peu comme de la mousse au chocolat, mais un excellent chocolat, avec des saveurs de fruits rouges, puis c’est relayé par un côté caramélisé, comme de la confiture de lait. En fait, à la différence d’une mousse au chocolat, les œufs en neige sont remplacés par de la crème…Magnifique. On prend un café très bon, et on y va.
16 euros E+P+D, 15 euros pour trois verres d’excellents vins, un café 2 euros : c’est taillé au cordeau, parfait.


Deuxième étape, le Café de la nouvelle mairie, 19, rue des Fossés Saint Jacques dans le 5ème (01 44 07 04 41).

Excellent Arbois pupillin 2005 Philippe Boznard cuvée Le blanc de la rouge (5,2€), nez légèrement résine-oxydatif, un peu volatil, mais en bouche c’est profond, gourmand, un peu minéral, très bon, très beau, très désaltérant.
Avec ça, une assiette de poivrons marinés mozzarella, excellents poivrons moëlleux, souples, frais, dans une marinade pas trop aigre, une mozzarella magnifique, quelle tendresse, quel moëlleux, excellente, avec un super assaisonnement, un tout petit peu de ciboulette très fine, un petit peu d’huile d’olive, un peu de citron. Super, 7 euros, ça vaut le coup !

Vin de pays des collines rhodaniennes 2007 Vinumentis cuvée Red Pif : très beau nez de rouge concentré, avec une teinte légèrement fruit cuit, presque caramélisé, de la crème de cassis caramélisée, en bouche, très détendu, souple mais très profond, une très belle texture, c’est étonnant parce que y a vraiment la texture d’un vin structuré, sans les arêtes tanniques, avec quand même une belle souplesse de vin de soif, ça finit sur le poivre, la violette, le zan, c’est très très fin, très très bon, pour 3,6 euros, c’est un super canon comme on dit !
Sauté de veau au curry :
Au début j’avais pas très envie de prendre ça, parce que ça me paraissait un peu commun, mais la viande était moëlleuse, le curry intéressant, pas le mélange habituel, le riz blanc très bon, parfaitement cuit, de bonne qualité, et avec ça une ratatouille fraîche maison et pas trop grasse. 13 euros, bien. Presque les prix d’avant l'euro!
Très sympa, tarte aux abricots (5,5€) abricots frais, un peu cuite, pas trop sucrée
Verre de côtes du Roussillon domaine du bout du monde (4,8€), très bon, profond, gourmand, légèrement volatil mais pas trop, juste ce qu’il faut pour concurrencer les abricots .
39 euros pour entrée, plat, dessert et trois verres d'excellents vins. Encore un super rapport qualité-prix, surtout juste derrière le Panthéon!

Enfin, parlons des Zingots, 12, rue de la Fidélité dans le 10ème. Là encore, un excellent rapport qualité-prix, situé entre les deux précédents, avec des vins excellents, servis très en forme, et des plats remarquables, par exemple une cassolette d'artichauts poivrade et d'escargots petit-gris, originale et savoureuse, bien servie par un verre de Jurançon sec Cuvée Marie de Charles Hours. Ou encore un onglet de boeuf, tout simple, mais le meilleur que j'ai jamais mangé!
Malheureusement, les Zingots ferment! Et pour retrouver le tenancier, Gilles Bénard, il faut maintenant aller chez Que du Bon, 22, rue du Plateau dans le 19ème (01 42 38 18 65). Avec le Baratin, le Vin chai moi, la Boulangerie (excellent restaurant à vins), maintenant que du Bon, le quartier serait-il en passe de devenir un épicentre de la gastroenophilie parisienne?

Publié dans Ile-de-France

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